Un chiffre brut : près d’un tiers des cancers de la peau siègent sur le nez. Pas de hasard, la peau y encaisse sans filtre les assauts du soleil, saison après saison. Pourtant, ce qui paraît anodin ou esthétique cache parfois une réalité autrement plus sérieuse. Sur cette zone en première ligne, trois types de cancers dominent, chacun avec ses marques de fabrique bien distinctes.
Reconnaître un cancer de la peau sur le nez : signes, types et questions fréquentes
Le nez reste l’un des terrains de prédilection des cancers de la peau en France, car il concentre la plupart des expositions solaires. Les spécialistes distinguent trois grandes formes, dont voici les caractéristiques clés à connaître :
- Carcinome basocellulaire (CBC) : il représente la vaste majorité des tumeurs cutanées du nez. La lésion typique ? Un nodule translucide, à l’aspect perlé, parfois ulcéré, qui traîne sans guérir. Sa croissance s’étire sur des mois, voire des années, ce qui trompe souvent la vigilance. Même s’il reste localisé la plupart du temps, il peut ronger les tissus du nez en silence.
- Carcinome épidermoïde (CEC) : ce cancer arrive en seconde position. Il prend la forme d’une plaie rougeâtre, croûteuse, parfois ulcérée. Ici, le risque de dissémination n’est plus à sous-estimer, en particulier si le diagnostic tarde.
- Mélanome : plus rare au niveau du nez, mais c’est le plus redouté. Il se manifeste par une tache pigmentée aux contours irréguliers, qui change de couleur ou de forme. Toute modification inhabituelle doit alerter, surtout sur une peau claire.
Face à certains symptômes, la prudence s’impose. Voici les signaux qui doivent interpeller : une plaie qui ne cicatrise pas, une croûte persistante, une bosse inhabituelle ou une tache pigmentée qui évolue. Un saignement inexpliqué, une gêne, une déformation du nez ne sont pas à banaliser. Trop souvent, on confond ces signes avec une simple irritation ou un bouton récalcitrant, ce qui retarde la détection.
Les personnes à risque cumulent plusieurs facteurs : peau claire, soleil à répétition, antécédents familiaux. Pour elles, une vigilance renforcée s’impose. Au moindre doute, un rendez-vous chez le dermatologue s’impose : seul l’examen spécialisé, parfois complété d’une biopsie, permet de trancher rapidement et d’adapter la stratégie.
Pourquoi le diagnostic tarde-t-il ? Les erreurs courantes et les avancées qui changent la prise en charge
Sur le nez, le cancer de la peau sait se déguiser. Beaucoup le prennent d’abord pour une irritation, un bouton, une croûte liée au soleil. Première cause de retard : la tendance à minimiser une anomalie persistante, surtout chez ceux qui ont la peau claire ou un passé familial chargé. Les patients temporisent, les généralistes hésitent à référer trop vite. Le carcinome basocellulaire, avec sa lenteur et son absence de douleur, n’évoque pas spontanément une urgence médicale.
Les délais pour obtenir une consultation dermatologique varient d’une région à l’autre, ce qui rallonge trop souvent le temps d’attente pour une biopsie. Parfois, la peur d’une cicatrice sur le visage fait reculer l’échéance. D’autres fois, des traitements de surface, cryothérapie ou crèmes, masquent la progression réelle de la tumeur, brouillant les pistes.
Mais la donne évolue. Le dermatoscope affine l’œil du spécialiste, limitant les biopsies inutiles. La chirurgie de Mohs s’impose comme la référence pour les carcinomes infiltrants du nez : elle permet d’enlever la tumeur tout en préservant au maximum les tissus sains, avec des taux de guérison qui dépassent 95 %. Pour le mélanome, la règle ABCDE reste la boussole : Asymétrie, Bords irréguliers, Couleur inhomogène, Diamètre supérieur à 6 mm, Évolution dans le temps. Enfin, les traitements ciblés comme le vismodégib ou le sonidégib offrent de nouvelles perspectives pour les formes avancées ou non opérables.
Face à la moindre anomalie qui persiste ou change d’aspect sur le nez, mieux vaut réagir sans attendre. Car derrière le petit nodule ou la croûte qui s’accroche, c’est parfois un compte à rebours silencieux qui a déjà commencé.

